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MIEUX VIVRE LA VILLE-AUX-DAMES

MIEUX VIVRE LA VILLE-AUX-DAMES

Notre association oeuvre sur des valeurs de progrès social, d’écologie, de solidarité et de laïcité. Les objectifs iront donc naturellement vers la promotion de la citoyenneté et le développement du lien social par l’instauration de débats et d’initiative vers la culture, l’environnement et le sport, la défense des services publics, la communication d’informations portant sur des événements susceptibles d’influencer le cadre ou le mode de vie des Gynépolitains.


L a commémoration de la Déportation...

Publié par mieuxvivrelavilleauxdames sur 29 Avril 2013, 21:32pm

L a commémoration de la Déportation...

Ce dimanche 28 avril, notre association organisait comme elle le fait désormais depuis 2009, la journée du souvenir de la déportation.

Après lecture de l'appel des associations de déportés:

MESSAGE DES DÉPORTÉS
pour la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation
le Dimanche 28 avril 2013

Il y a 80 ans, le nazisme triomphait. Hitler imposait son pouvoir en Allemagne dans l’indifférence quasi générale des démocraties et entraînait le monde dans un conflit qui prit fin en 1945 après des années de terreur, par la victoire sur le nazisme.

C’est alors que les déportés survivants revinrent des camps de concentration et d’extermination.

Nous avons le devoir, au nom de nos camarades disparus, de rappeler ces événements qui ont ponctué notre histoire.

Tant que nous pourrons prendre la parole, nous devons dire aux générations nouvelles que c’est surtout dans les moments de crise que resurgissent les discours antidémocratiques, xénophobes, racistes et antisémites, dans lesquels elles doivent discerner les thèses de ceux qui ont exterminé les juifs d’Europe, massacré les Tziganes, déporté et fusillé les Résistants.

Aujourd’hui, il est essentiel qu’elles reconnaissent, dans d’autres discours, les vociférations d’Adolf Hitler et la voix soumise de Philippe Pétain. Ainsi averties, pourront-elles combattre le danger s’il se présente.

Nous lançons aujourd’hui, un appel à la vigilance, au respect de l’être humain, de sa dignité et du droit à la différence. Ce message que nous adressons aux jeunes générations se veut partie prenante de la construction de l’avenir.

Ce message a été rédigé conjointement par

La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (F.M.D.),
La Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (F.N.D.I.R.),
La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (F.N.D.I.R.P.),
L’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus (U.N.A.D.I.F.).

Le dépôt d'une gerbe au monument aux morts.

L a commémoration de la Déportation...L a commémoration de la Déportation...
L a commémoration de la Déportation...

Puis nous avons rendu hommage à Charlotte Delbo, qui aurait cent ans en cette année 2013.

Il nous a semblé qu'un hommage à une femme déportée s'imposait à la Ville-aux-Dames, bien que face à la barbarie nazie, toutes les victimes de la déportation étaient dans une situation d'égalité.

Voici son histoire :

Charlotte Delbo née le 10 août 1913 à Vigneux-sur-Seine.

Aînée de quatre enfants, Charlotte Delbo est la fille d'un chef monteur-riveteur, issu d'un milieu modeste.

Elle adhère en 1932 aux Jeunesses Communistes puis rencontre en 1934 le militant communiste Georges Dudach (agent partiellement formé à Moscou, il sera notamment chargé d'entretenir les liens avec Louis Aragon et Elsa Triolet, réfugiés en zone libre, à Nice, pendant la Seconde guerre mondiale, qu'elle épouse.

Ayant une formation de secrétaire, elle devient en 1937 l’assistante de Louis Jouvet au théâtre de l'Athénée. Elle part avec la troupe en Amérique Latine en mai 1941 pour une tournée sous l'égide du Gouvernement de Vichy. Mais quand elle apprend en septembre 1941 la mort sous la guillotine de Jacques Woog, un jeune architecte de leurs amis, elle décide de rejoindre son mari en France et entre dans la Résistance clandestine.

Ils font partie du « groupe Politzer », chargé de la publication des Lettres Françaises dont Jacques Decour était rédacteur en chef. Georges Politzer, le philosophe communiste qui avait donné son nom à ce groupe, est fusillé en mai. Charlotte et son mari sont arrêtés le 2 mars 1942 par les Brigades Spéciales. Il sera fusillé au Fort du Mont Valérien, le 23 mai 1942, à l'âge de 28 ans.

D’abord incarcérée à la Prison de la Santé, à Paris, puis transférée au fort de Romainville pendant un an, elle est passée par le camp de Compiègne pour être immédiatement déportée ensuite à Auschwitz, par le convoi du 24 janvier 1943 (à l'instar de celui du 6 juillet 1942), un convoi de 230 femmes dont elle racontera le destin, après la guerre3. Elle est l’une des 49 femmes rescapées de ce convoi et portera, le reste de sa vie, le numéro 31661 tatoué sur le bras. Envoyée à Ravensbrück parmi un petit groupe de huit, le 7 janvier 1944. Libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945, elle est rapatriée en France le 23 juin 1945 en passant par la Suède.

Après la guerre, elle travaille de nouveau avec Louis Jouvet de septembre 1945 à avril 1947, puis pour l’ONU puis, à partir de 1961, au CNRS, avec le philosophe Henri Lefebvre qui avait travaillé avec Georges Politzer avant guerre.

Elle écrit une œuvre faite de récits, de pièces de théâtre et de poèmes, essentiellement autour de la déportation. Ses livres figurent parmi les plus forts sur ce sujet, aux côtés des œuvres de Primo Levi, Robert Antelme, Elie Wiesel, Imre Kertész et Jorge Semprun.

Durant la Guerre d'Algérie, elle se situe clairement dans l'opposition à la guerre, la dénonciation de la torture et le soutien aux insoumis et « porteurs de valises » du réseau Jeanson. Elle publie une série de correspondances sur ce thème dans Les Belles lettres aux éditions de minuit (1961). « Alors qu'auparavant, écrit Charlotte Delbo, l'indignation explosait en manifestations et en actions collectives..., elle n'a plus aujourd'hui le moyen de s'exprimer... Il n'y a plus de vie politique... Privé d'autres moyens d'agir on écrit des lettres. »

Elle est morte le 1er mars 1985 à Paris.

L a commémoration de la Déportation...

Cet hommage a donné lieu à la lecture d'un de ses nombreux poèmes consacrés à la déportation :

O VOUS QUI SAVEZ

Charlotte Delbo
Auschwitz

O vous qui savez
Saviez-vous que la faim fait briller les yeux
Que la soif les ternit
O vous qui savez
Saviez-vous qu'on peut voir sa mère morte
Et rester sans larmes
O vous qui savez
Saviez-vous que le matin on veut mourir
Que le soir on a peur
O vous qui savez
Saviez-vous qu'un jour est plus qu'une année
Une minute plus qu'une vie
O vous qui savez
Saviez-vous que les jambes sont plus vulnérables que les yeux
Les nerfs plus durs que les os
Le coeur plus solide que l'acier
S
aviez-vous que les pierres du chemin ne pleurent pas
Qu'il n'y a qu'un mot pour l'épouvante
Qu'un mot pour l'angoisse
Saviez-vous que la souffrance n'a pas de limite
L'horreur pas de frontière

Le saviez-vous
Vou
s qui savez ?

Rappelons que le maire, Alain Bénard et le Conseil Municipal étaient invités à cette commémoration, que seuls des élus de l'opposition de gauche étaient présents.

Cette absence, régulière depuis 2009, montre à quel point ils font fi de ce qui a été la pire des tragédies que l'humanité ait connue.

Nous déplorons enfin l'absence des associations d'anciens combattants qui, par leur présence auraient montré combien il est important aujourd'hui de se souvenir.

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